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Tofua – Une île qui enseigne l’humilité

Cet article a paru dans le 7sky magazine en 2011

Après 300 jours d’échappée solitaire sur l’île déserte de Tofua dans le pacifique, le freerider et snowboardeur Xavier Rosset partage avec nous ses pensées. Sur notre chaise de bureau qui, à côté de lui parait ridicule, il expose ses prises de conscience, sa compréhension, sa réalité mais aussi ses magnifiques perspectives. L’intensité de ses mots nous fait voyager dans son ressenti face à cette aventure. Un univers où la loi des hommes n’existe pas.

Comment ton quotidien s’est-il agencé dans ton esprit ?
Xavier : Dans un endroit inconnu, tout est à refaire. La routine dans son entier doit être repensée. En milieu hostile, on se retrouve face à soi même. Même un businessman cesse de paraître dans ces conditions. Malgré les pensées récurrentes concernant la famille ou les amis, on se découvre d’autres facettes, on se surprend, se repense. Dans cet espace, on se doit de prendre du recul, on se fixe des priorités. Petit à petit le corps se met en alerte. Certaines pensées sont délétères, on apprend à se méfier, on combat nos pulsions. Les sentiments peuvent nous amener très loin. Ils ont un potentiel destructeur, c’est pour cela que l’on doit impérativement connaître ses limites. Mon exutoire pour pallier au manque de contact humain a été de parler à haute voix, cela me permettait de voir ma situation avec plus d’objectivité. C’est aussi un bon moyen d’éviter les conflits, vu qu’en général on est en accord avec soi même.

Comment as-tu vu changer tes priorités ?
Dans le monde occidental notre priorité est clairement l’argent. Sur Tofua nos devises ne servent à rien. Un nouveau système prend place. Il faut se loger, se nourrir, apprendre à gérer le temps, vu qu’en général il nous en manque, contrairement à cette île où j’en avais à revendre. Seul et reculé on apprend à s’ancrer dans le présent. Noyé dans cette nature, on n’est qu’un fétu de paille.

Et la dimension de l’ennui dans tout ça ?
On apprend, on l’accompagne. J’ai été amené à faire des choses quasiment impossibles dans notre monde moderne. J’ai pu suivre un papillon pendant deux heures. J’ai vu germer de nouvelles idées, on les laisse mûrir, puis elles prennent une nouvelle dimension. Je me créais des distractions avec les moyens du bord. J’ai tracé deux sentiers pour rejoindre ma cabane, ainsi je créais une alternative pour mon esprit. Je me suis découvert tout un monde intérieur pour remplir le temps. J’allais marcher à travers la forêt, j’ai escaladé un volcan, utilisé ma machette, je me suis laissé aller à ne rien faire. En occident, on vit dans un monde créé par l’Homme pour l’Homme, on le modifie afin qu’il corresponde à nos attentes. Là-bas, nous réalisons à quel point l’humain est superflu. La nature façonne notre quotidien. Me retrouver dans cette forêt m’a permis de me sentir humble. Tout est à réapprendre, à repenser. Il faut faire ses expériences avec la nourriture, écouter son instinct, repousser ses limites. Grâce à cela, j’ai pu mesurer à quel point notre champ d’action est vaste.

Quant au confort ?
Le confort est un frein. On s’étonne de par sa volonté quand manger devient un impératif. L’utilisation de dix litres d’eau potable se voit entièrement reconsidérée. C’est difficile d’abandonner ses acquis. Cependant une fois fait, on réalise à quel point ce sont les valeurs humaines qui nous remplissent.

Parle-nous de ton rapport au silence.
Dans l’optique de l’environnement, le silence est un signe. Malgré que sur Tofua il n’y avait pas de bêtes susceptibles de me manger, le jour où le silence prend place il faut tendre l’oreille. En ce qui concerne mon silence intérieur, et bien, lors des premiers temps ma petite voix ne s’éteignait jamais. Puis elle a laissé place à la tranquillité. Quand le seul bruit qui atteint ton oreille est celui du vent, tu fais partie de l’instant. Certaines personnes ont peur du silence. Essayez lors d’une conversation de lui laisser une place, rapidement une sorte de malaise s’installe. Cependant, ne dit-on pas que le silence est d’or et la parole est d’argent. Profitons-en. Quand la parole n’est pas bien utilisée, elle peut détruire quelqu’un. Utilisons-la donc à sa juste valeur et effaçons-en le bruit.

Décris-nous ton projet à venir.
J’aimerais offrir la possibilité à des gens qui ont passé 20 ans à travailler et qui ne savent pas réellement qui ils sont, de découvrir une facette d’eux qu’ils ignoraient. Les premiers jours je les encadre, puis petit à petit je m’efface. Ils suivront ainsi leur propre cheminement. C’est loin de toutes attaches que l’on se découvre, je propose du temps pour ce faire. En mai, c’est un départ en communauté que je mets sur pied, une occasion pour une dizaine de personnes de faire ce voyage dans une optique encore autre que celle du solitaire.

Ismaël 7sky supports

L'alliance des Gardiens de Mère Nature œuvre pour la planète, la paix et les générations futures.

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